L'ours

L’ours est toujours dérangé par les activités humaines qui empiètent sur son territoire malgré sa classification comme espèce protégée en France depuis 1972. Fort heureusement, pour sauver la lignée du dernier ours pyrénéen « de souche », Cannellito, un programme de réintroduction est envisagé. D’ici cet automne deux femelles seront choisies pour tenir compagnie aux deux derniers mâles des Pyrénées-Atlantiques.

L’ours a un sens de la séduction singulier, qui lui est propre. Il la poursuit, en laissant échapper un son rauque très viril, voir tonitruant. Ce petit jeu dure toute la journée. L'accouplement est également bruyant. L’on entend de très loin les râles de plaisir. Il y a des compétitions entre les ours pour une même femelle mais rarement de combat au sens strict du terme. Peut être, tout simplement, une lutte pour s’enorgueillir de leur propre capacité, un combat, plus pour la compétition, que par réel intérêt pour la femelle. Cela tient d’avantage de la tactique d'intimidation où celui qui semble le plus agressif fait fuir l'autre, avec parfois quelques "baffes" intempestives. La femelle doit également être prudente : gare aux grosses pattes du mâle, parfois il se laisse un peu trop emporter par ses élans amoureux. Ne sachant pas doser ses assauts, il s’y prend parfois mal. Elle riposte alors à cette attaque tout aussi hardiment. N’oublions pas l’expression d’ « ours mal léché ».

Tout comme l’homme, il pose son pied bien à plat sur le sol pour marcher, ce qui fait de lui un plantigrade.

En hiver, il hiberne dans sa tanière, trop frileux. Son cœur se met à battre très lentement, seulement 10 pulsations par minute. Aux beaux jours, il montrera le bout de sa truffe.

Pour finir une petite parenthèse historique très touchante : Un petit ours voit le jour dans les montagnes iraniennes en 1941. Orphelin, il est recueilli et choyé par l’armée polonaise stationnée en Moyen-Orient. On lui donnera le nom de Wojtek. Habitué à la compagnie des hommes, il joue avec eux sans jamais les blesser et les protège les soirs de garde. Sa seule présence suffit à redonner le moral à la compagnie. Transféré en Egypte en 1944, le caporal Wojtek embarque pour l'Italie, munit de son livret militaire. Devant Monte Cassino, il participe à la victoire en deuxième ligne, en trimbalant sur son dos de lourdes caisses de munitions.

En 1944, la compagnie quitte l'Italie et embarque pour l'Ecosse. Dans le camp de Winfield, Wojtek continue de jouer avec ses compagnons. Il finira ses jours au zoo d'Edimbourg. Wojtek s’éteindra en 1963. L’on se souviendra de lui comme la preuve vivante que le respect et l’amour entre les hommes et les animaux est possible.

 

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