Zèbre de Grévy

Zèbres et liberté

Le blanc et le noir. Des lignes symétriques comme peintes sur les muscles saillants. Une superbe croupe. Ce dessin complexe semblable à une peinture tribale est unique pour chaque zèbre, tout comme nos empreintes digitales.

A la naissance, les rayures du zébreau sont brunes, il arrive parfois qu’ils gardent cette couleur chocolatée à l’âge adulte. Les zèbres sont solidaires et bienveillants. Il n’est pas rare de voir un étalon risquer sa propre vie pour sauver un membre de sa petite « tribu ». Il peut, confronté à une situation dangereuse, décocher un coup de sabot fatal au prédateur qui le pourchasse, le laissant KO, la mâchoire brisée.

Lorsqu’un zébreau  voit le jour toute la famille se rassemble. L’étalon monte la garde et les femelles entourent la mère étendue sur le côté. Puis, au bout d’une vingtaine de minutes la mère se lève pour rompre le cordon ombilical, à la suite de quoi, elle lèche et mordille affectueusement le nouveau-né. Le zèbre sait mettre à profit le flehmen dès la naissance. Toute odeur est captée et traitée par l’organe de Jacobson. C’est ainsi que les étalons mesurent le taux hormonal des femelles. Si l’une d’elle est en chaleur, il lui fera la cour en s’approchant tout doucement, lui léchera l’épaule et le flanc. Elle écartera les pattes afin que le mâle s’attelle à la tâche. Tout ceci se déroule à la saison des pluies.

Quand arrive la sécheresse et que les points d’eau sont à sec, les zèbres creusent le sol de leurs sabots jusqu’à atteindre entre 50 centimètres et 1 mètre. L’eau affleure.

Mais tout n’est pas toujours aussi facile, en plus des prédateurs et de la sécheresse, le zèbre doit faire face à un danger qu’il ne peut comprendre ou déjouer : l’homme et son impact direct ou indirect. De par la chasse et le braconnage, que ce soit pour sa viande ou sa superbe peau rayée. De par la lente mais inexorable modification de son habitat. L’explosion démographique empiète de plus en plus sur son territoire. La sédentarisation, le surpâturage pour le bétail : autant de causes à effets.

Cet équidé, tout comme le cheval ou l’âne descend de l’ancêtre Hyracotherium. 4 espèces de zèbre se distinguent en raison de leur aspect et de leur vulnérabilité face à la menace.

Le premier, le Quagga n’a pas pu être sauvé. Beige, rayé uniquement sur la partie haute et avant du corps (encolure…). Il n’a su résister aux Boers. Le 12 août 1883, le dernier Quagga disparaît au zoo d’Amsterdam, cinq ans après le seul survivant sauvage.

Le second, le zèbre des plaines est « quasi menacé ». On le reconnait à son joli ventre rayé. Tout comme le zèbre des montagnes, les stries sont larges.

Le troisième, tout juste cité, le zèbre Hartmann ou zèbre des montagnes est classé « vulnérable ». Les larges lignes s’arrêtent net, laissant apparaître la blancheur du ventre.

Et pour finir, le quatrième, le zèbre impérial est « en danger ». L’UICN estime qu’il n’en resterait que 2000 à 2500 encore sauvages et environ 600 en captivité. Il diffère des autres en quelques caractéristiques. Grande taille,  grandes oreilles rondes et fines rayures. Mais pourquoi zèbre impérial ? Il ya fort longtemps, en 1882, l’Empereur Ménélik II d’Ethiopie fait cadeau de ce bel équidé à Jules Grévy, Président de la République Française. L’animal prend ses quartiers au Jardin des Plantes. Le zoologiste Emile Oustalet le nomme Equus Grevyi, zèbre de Grévy, en hommage à l’homme politique français. Mais l’empereur ne s’arrête pas là. En 1911, il offre une majestueuse girafe qui porte son nom : Ménélik II.

Pour en revenir au zèbre, la question est : pourquoi avons-nous réussi à domestiquer le cheval et non le zèbre ?

Les Boers ont essayé de l’harnacher, mais son tempérament fougueux et son besoin vital de liberté sont venus à bout des tentatives. Confronté davantage au danger que ce qu’a pu l’être le cheval, il a été contraint de développer une réaction immédiate de survie : fuir ou lutter. Face aux lionnes ou aux hyènes sa réactivité est impressionnante, il peut galoper à plus de 60Km/h ou se cabrer, faire des ruades et mordre. Les zèbres n’obéissent pas aux ordres d’un bipède et gardent les rênes de leur vie.