Mathilde H. Doucet photographe reporter

Mathilde H. Doucet Photographe

 

Mon approche de la photographie est sensorielle. Enfant, je ne chassais pas les papillons, je les figeais sur ma pellicule. Je crapahutais dans les prés pour photographier crocus et boutons d’or. Je courrais après les libellules et fixais sur papier leur vol éphémère. Je captais le sourire de ma mère et les cris de mes camarades.

 

Je n’ai pas fait de grandes écoles pour apprendre la photographie. Je la ressens avec mon œil, mes doigts et mon cœur. Elle est le témoin de mes joies et de mes peines, complice de mes passions.

 

Ma vision de la photographie est organique, sensuelle quasi charnelle. Tel un anatomiste, je cherche le corps, la peau et l’âme du végétal. J’observe, je déshabille, je palpe. Dans le tronc la colonne vertébrale, dans le feuillage la chevelure, dans la fleur l’organe reproducteur.

 

La chaleur suffocante d’une forêt. L’obscurité troublante et puis une éclosion de couleur. Une fleur exotique. Une liane qui enlace. L’odeur roque de la terre. Le velours de l’écorce et la soie des pétales. Le frémissement de l’eau.

 

Ma pensée photographique est animiste. Je vois la vie dans le végétal. Je cherche l’âme dans mes sujets. Je sens le cœur battre dans une tige.

 

Je m’aventure sur un sentier plus dangereux. L’animal.

Fourrure. Silhouettes lovées, enchevêtrées. Corps à corps. Rugissement. Complainte.

Chaleur. Sueur.

Taches. Figures géométriques.

 

J’aime l’antagonisme. L’obscurité et la lumière. Le noir intense et les couleurs les plus chatoyantes.

Douceur et férocité.

Je suis persuadée que juxtaposer deux opposés permet d’atteindre l’équilibre.

 

Auteur photographe du monde sauvage, de l’animal et de la nature, j’aime tout autant l’humain : digne dans sa fragilité.

La beauté insolite sur les visages entre candeur de l’enfance et rudesse de l’âge adulte. Peau laiteuse aux rougeurs juvéniles ou peau burinée par les facéties
du temps.

Mathildehdoucet

 

 

 

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